D’où viennent les Fablabs ?

Il se trouve que leur histoire est aussi extraordinaire qu’expérimentale. Au début des années 2000, le M.I.T se prépare à l’ouverture du premier Fabricatory Laboratory sans vraiment le savoir, dans le cadre d’un cours nommé “comment fabriquer à peu près n’importe quoi”. Le succès est au rendez-vous. Le cours, dans lequel les étudiants apprennent à cultiver l’art de faire, est rapidement complet. Pour comprendre, quoi de mieux que de faire ? Mettre en pratique pour apprendre la théorie, voilà une philosophie qui nous est familière, mais qui a tardé à se mettre en place et peine encore à être appliquée dans nos écoles, dans nos entreprises et dans notre société.

Pour répondre aux besoins du cours, le professeur qui en est à l’origine, Neil Gershenfeld, a équipé son espace de cours d’un bon nombre de machines industrielles, numériques ou non. Rappelons l’on que l’on se trouvait au tout début des années 2000, et que la technologie prenait alors un virage fascinant aux yeux du monde. La révolution numérique que nous avons connu par la suite n’était qu’à son commencement et pour de nombreuses personnes, il a fallu apprendre à ce moment-là à se servir d’un ordinateur. Le cours dispensé par le professeur Gershenfeld a d’ailleurs été un lieu d’expérimentation ayant eu pour objectif d’étudier l’utilisation des équipements spécifiques par le grand public. Les étudiants pouvaient concevoir et créer leurs propres objets sans aucune contrainte académique. Pour la communauté universitaire, ce premier espace constitué autour du “faire” en toute liberté a servi une démarche empirique de recherche.

Pour faire suite à l’engouement suscité par le cours, le professeur Gershenfeld prend le pari d’ouvrir un lieu spécifique, dans lequel les étudiants pourraient venir librement à tout moment de la journée pour “créer plutôt que consommer”. En plein coeur du M.I.T, le premier FabLab était né. Petit à petit, le phénomène exporte sa philosophie en dehors des murs de l’Institut, puis au-delà des Etats-Unis.

Michel Lallement évoque avec lucidité cette démarche visant, dès le début du 21ème siècle, à créer, réparer plutôt que de consommer. Dans “l’âge du faire”, il écrit :

Ces laboratoires d’innovations sont hybrides et s’inscrivent au carrefour d’expériences originales […] : la fidélité à une éthique hacker qui a en grande partie mûri dans les années 1980 dans des espaces marginaux […] ; l’inscription dans un écosystème d’innovation et d’aide à la création d’entreprise qui privilégie plutôt l’innovation ascendante ; et le retour depuis 2005 d’expérimentations sociétales qui visent à lutter contre le consumérisme, la surconsommation, le gaspillage.

Michel Lallement

Un résumé de l’identité singulière des Fablabs, basée sur la liberté de faire, le goût de l’innovation ainsi qu’une démarche anti-consumériste, le tout dans une volonté de proposer une alternative au modèle sociétal courant.

Cette dynamique profite aux entreprises, qui tirent parti d’un véritable boost en termes d’innovation. Le phénomène du “comprendre par le faire” se propage à l’ensemble de la société, et c’est lorsque les sociétés font face à des situations inédites telles que la pandémie de Covid-19 que la démarche des Fablabs prend tout son sens. Ainsi, le LabFab de Rennes a dernièrement fabriqué et distribué des visières de protection à partir des imprimantes 3D dont il dispose.

Les Fablabs bénéficient aujourd’hui d’une forte croissance à travers le monde.

Et si vous participiez à cet élan pour fabriquer votre propre FabLab ? Nous sommes à votre disposition pour vous aider à concrétiser votre projet.