Durant toute la durée de la crise liée à la pandémie de Covid-19, les FabLabs se sont mobilisés pour apporter une réponse concrète et matérielle à la pénurie de masques et autres moyens de protection. Dans un contexte de crise sans précédent comme celui-ci, les FabLabs démontrent pleinement la démarche dans laquelle leur développement s’inscrit : concevoir rapidement et en groupe des solutions lorsqu’un problème se pose, tout en réduisant les temps et les processus dont sont victimes les productions industrielles.

La production de visières de protection par les makers de plusieurs FabLabs au quatre coins de la France a montré toute la force de la philosophie des Fablabs. Voyant arriver une pénurie avant même que celle-ci ne soit assumée par les instances gouvernementales, de nombreux makers ont commencé à designer des visières de protection et, dans l’esprit FabLab, à les partager. C’est le cas de Josef Prusa, qui a publié le 19 mars dernier un design relativement simple de visière. Pour fabriquer le serre-tête de la visière, une imprimante 3D suffit. Pour le reste, une feuille de plastique épaisse se fixe autour du serre-tête.
Si la crise du Covid-19 a poussé les makers à répondre rapidement à un besoin identifié, elle a aussi propulsé les FabLabs dans une dimension qui dépasse largement le cadre expérimental qui lui est généralement attribué. Les makers ne sont pour la plupart pas des professionnels, et il évident que le contexte de pandémie augmente le niveau d’exigence envers les objets fabriqués. Il est évident qu’une protection inefficace ou mal utilisée peut avoir des conséquences plus graves qu’une absence de protection.

En toute conscience de la gravité de la situation, les makers sont allés au-delà de ces obstacles et ont prouvé toute la magie du “faire ensemble”. Répondant à leur appel, les particuliers disposant d’une imprimante 3D chez eux se sont mis à suivre le processus de fabrication. Et sont parvenus à sortir, à eux tous, des milliers de visières de mini – usines installées à domicile. La distribution auprès des soignants s’est organisée rapidement en plein confinement. Le réseau des FabLabs en France a estimé le nombre de visières produites à 250 000.

Les FabLabs français ont montré que l’innovation ouverte répond parfaitement à un contexte de crise. L’open-source a permis de démultiplier la cadence de production et de réagir rapidement. Pour parfaire la communication entre les FabLabs et la société en temps de crise comme au quotidien, il semble qu’une marge de progression existe du côté des institutions, qui peinent encore à entrer dans une logique de partage des connaissances. Cela s’est remarqué au début du confinement en France : les makers avaient du mal a faire valider leurs prototypes par des professionnels de santé qui, peut-être, de leur côté, n’avait pas une confiance totale en ces représentants d’un mode de fabrication et de consommation alternatif.

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